Dès la naissance, le cerveau du jeune enfant révèle des capacités étonnantes. Avant même l’entrée à l’école, le tout-petit dispose déjà de ressources puissantes pour développer des compétences essentielles : celles qui lui permettront de comprendre le monde, d’interagir avec les autres et de construire ses apprentissages. Quels sont ces « super-pouvoirs » et comment se développent-ils au quotidien ?
Des connaissances intuitives dès la naissance
Les jeunes enfants possèdent des connaissances déterminantes pour entrer dans les apprentissages. Plus étonnant, ces connaissances ont trait aux lois de la physique, de l’arithmétique, des probabilités ou encore de la géométrie.
A partir de là, la qualité de l’apprentissage va dépendre de deux choses. D’une part, des moments privilégiés et de qualité vécus entre l’adulte et l’enfant, c’est-à-dire des interactions positives avec toutes les personnes qui entourent l’enfant et avec lesquelles il se sent en sécurité. D’autre part, de la multisensorialité. Ce sont tous les sens qui vont permettre au tout-petit d’apprendre, en particulier par :
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la manipulation ;
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l’observation, l’imitation, la répétition ;
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la concentration.
Manipulation et appréhension du monde physique
Manipuler dans un mode physique et réel est un mode d’apprentissage nécessaire. L’enfant a besoin de toucher, de sentir les formes.
En palpant son corps, il assimile son propre schéma corporel.
En maniant des objets, il évalue leur configuration et développe des compétences visuo-spatiales : la capacité à percevoir, comprendre et organiser les objets dans l’espace, à s’orienter, manipuler des formes et imaginer des déplacements ou transformations d’objets.
Ces compétences sont essentielles pour :
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La compréhension des lois physiques et de la biologie.
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L’orientation dans l’espace et la perception des objets.
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La capacité à organiser et imaginer des scènes et, dans le futur, à résoudre des problèmes et à anticiper.
Chez Cap Enfants, lorsque les professionnels proposent aux enfants de manipuler les instruments de musique et d’en faire sortir des sons, de voir l’image d’un instrument et d’y associer un nom, donc de se souvenir de l’instrument manipulé avant, de passer du bi-dimensionnel au tridimensionnel et inversement, la compétence visuo-spatiale est sollicitée.
Conseil parentalité : Pour développer les compétences visuo-spatiales à la maison, on peut proposer à l’enfant des jeux de construction, des parcours d’obstacles, ou des activités de tri et de classement, ainsi que des activités de manipulation et d’association entre objets et images. Chaque activité concrète (manipuler des cubes, associer images et instruments de musique, toucher, sentir) engage le corps et plusieurs sens. C’est par cet apprentissage multidimensionnel que l’enfant explore le monde réel.
Observation, imitation et répétition : le formidable développement de la mémoire
Le tout-petit possède déjà la capacité d’analyser rapidement et finement une situation pour la confronter ensuite avec d’autres, en évaluant les différences.
L’observation est motivée par la curiosité, cette force qui pousse à explorer afin de découvrir des informations nouvelles. Ses modes d’apprentissage sont en lien avec la concentration, l’attention. Lorsqu’il observe, imite ou répète, l’enfant se concentre sur un élément qui attire son attention et écarte les autres sollicitations sensorielles et cognitives.
Ainsi, en jouant, l’enfant apprend. Et notamment, il apprend à mieux se souvenir. Il développe ainsi sa mémoire de travail, c’est-à-dire sa capacité à retenir et manipuler temporairement des informations pour accomplir une tâche.
Cette capacité est essentielle pour :
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suivre des consignes,
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résoudre des problèmes,
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organiser ses idées et ses actions.
Chez Cap Enfants, les activités en petits groupes aident à renforcer la mémoire de travail des enfants. C’est le cas, par exemple, du loto sonore, où chaque son doit être associé à un instrument ou à une image.
Conseil parentalité : Pour développer la mémoire de travail, on peut proposer à l’enfant de suivre plusieurs consignes à la suite, de mémoriser des séquences de mouvements ou des histoires courtes, toujours en le guidant et en valorisant ses réussites.
La concentration et le respect des règles préparent le contrôle inhibiteur
Le contrôle inhibiteur est la capacité de l’enfant à résister à une impulsion ou à une distraction pour se concentrer sur une tâche ou respecter une règle. Grâce à lui, le jeune enfant peut dépasser ce que Jean Epstein appelle le « tout à l’ego » pour trouver sa place dans le monde en tenant compte des autres. Cette fonction n’est pas encore opérationnelle chez l’enfant en crèche. Elle commence à être un peu maîtrisée seulement vers l’âge de 7 ans.
Ainsi, l’enfant l’acquiert progressivement en apprenant à :
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attendre son tour,
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écouter son voisin,
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respecter les règles du groupe.
Chez Cap Enfants, nous proposons des activités musicales collectives lors desquelles les enfants jouent, chantent, dansent en coordination avec les autres. Ce sont autant d’occasions – tout en s’amusant – d’apprendre à vivre en société.
Conseil parentalité : Pour construire le contrôle inhibiteur de l’enfant, on peut proposer des jeux de patience ou le célèbre « Jacques a dit ». Quand l’enfant grandit, on peut l’encourager à ranger ses jouets avant d’en sortir de nouveaux, en valorisant chaque effort de concentration. Les activités motrices sont également le meilleur moyen de tester les capacités de contrôle.
Manipulation, observation, imitation, répétition et concentration constituent les fondations des apprentissages du tout-petit. À travers ces expériences sensorielles et relationnelles, l’enfant développe des compétences essentielles pour comprendre le monde, interagir avec les autres et trouver progressivement sa place dans la collectivité.