Valoriser l’engagement et prévenir l’absentéisme en entreprise

L’absentéisme peut avoir des conséquences – et un coût – non négligeables pour les entreprises. Il est important de le prévenir en favorisant notamment l’engagement des collaborateurs.

Selon le dernier baromètre BVA/Rehalto, publié en juin dernier, sur les arrêts de travail et les plans d’action santé, 38 % des salariés ont été arrêtés au moins une fois au cours de l’année 2017. Cela se traduit, pour les entreprises françaises de plus de 50 salariés, par un taux d’absentéisme de 3,2 % en 2017. Si ce taux est en très légère baisse par rapport aux années précédents, l’absentéisme demeure une préoccupation majeure pour les entreprises à l’heure actuelle. Il a un coût pour l’entreprise et… la société.

A l’échelle de la population active employée en France (26 millions de personnes), l’Institut de Socio-Economie des Entreprises et des Organisations (ISEOR) estime la perte liée à l’absentéisme à près de 108 milliards d’euros par an (4,7 % du PIB), soit un peu plus de 4 000 € par salarié. Cela représente 10 à 17 jours d’absence par salarié et par an.
Le calcul de ce coût « caché » (non comptabilisé) a été fait en évaluant les divers coûts liés à l’absence des salariés (salaires versés aux absents, temps supplémentaire passé par les autres collaborateurs, coûts liés aux dysfonctionnements…).

Les causes de l’absentéisme

Les causes à l’absentéisme sont multiples. Beaucoup d’entre elles concernent la qualité de vie au travail : ambiance et conditions de travail, tâches inadaptées (manque de temps pour les réaliser…), manque de communication, de concertation, dysfonctionnements organisationnels, défauts de management, manque de perspectives pour le salarié (évolution, salaire, impossibilité de se projeter…).  Cela peut également être lié aux aléas de la vie (enfant malade ou pas de solutions de mode de garde) sans solution pour y remédier de la part de l’employeur.

Cap Enfants absenteisme entreprise

Pour le service ressources humaines, afin de prévenir l’absentéisme, il devient primordial de mettre en place une démarche qualité de vie au travail. Cette démarche, a pour enjeu, selon l’ANACT, « le développement de l’attractivité de l’entreprise, l’amélioration de l’engagement de la motivation professionnelle et de la fidélisation des salariés (…) tout autant que la réduction des effets destructeurs et pathogènes du stress au travail et la diminution de l’absentéisme ».

Les 4 leviers sur lesquels l’entreprise peut travailler pour enrayer l’absentéisme sont :
– le management – notamment celui dit de proximité, qui est souvent cité comme la première cause de désengagement ou la première raison d’engagement,
– la communication avec les équipes,
– la quête de sens,
l’environnement de travail.

L’engagement, un levier pour réduire l’absentéisme

Un fort taux d’absentéisme peut générer des risques économiques pour l’entreprise (retards des commandes, altération du service…) mais il fait aussi courir des risques sociaux susceptibles de détériorer les conditions de travail et les résultats. L’absence d’un collaborateur impacte l’ensemble de son équipe (charges de travail supplémentaire, congés différés, stress etc.). A terme, un absentéisme d’envergure et récurrent de certains salariés pourrait se traduire par un désengagement des autres collaborateurs.

Afin de l’éviter, l’entreprise doit montrer qu’elle a conscience et qu’elle prend en compte ces nouvelles contraintes liées aux absences qui pèsent sur ses salariés et réactiver les leviers de l’engagement (dynamique collective, politique RH orientée vers le salarié, capacité des managers à insuffler une vision, un projet et des valeurs…). Le dialogue, l’écoute et la communication comme la reconnaissance sont indispensables dans ces moments difficiles.

Car si l’absentéisme peut avoir de mauvaises conséquences pour l’entreprise, l’engagement lui a un réel impact sur sa performance. En effet, une enquête de l’institut de conseil Gallup estime qu’un taux d’engagement des salariés élevé entraîne une hausse d’au moins 20 % de la productivité et de la rentabilité de l’entreprise.

« L’absentéisme est un symptôme et doit être traité comme tel. C’est en comprenant les ressorts réels de son existence que les services RH peuvent mettre en œuvre une démarche centrée autour du développement de l’engagement des collaborateurs », témoigne Anne-Laure Tessier, directrice marketing d’Ayming en introduction au 10e baromètre de l’absentéisme et de l’engagement d’Ayming-AG2R La Mondiale.

Un salarié serein est disponible pour donner le meilleur de lui-même dans son travail.

Faciliter la conciliation de la vie privée des collaborateurs

Un facteur notable d’absentéisme est l’impossibilité pour le salarié d’arriver à concilier vie professionnelle et vie personnelle.cap enfants creche

Dans la partie vie personnelle, la famille tient une grande place. La garde des enfants est notamment un sujet préoccupant pour les salariés. Le baromètre 2017 sur l’absentéisme réalisé par le cabinet de conseil Ayming (en partenariat avec la mutuelle AG2R La Mondiale) souligne à ce propos que « l’écart entre hommes et femmes continue de se creuser en matière d’absentéisme ». Les femmes « portent encore majoritairement la charge mentale liée à la gestion du foyer sur leurs épaules ; elles sont de facto plus absentes, notamment au regard de leurs contraintes familiales, qu’il s’agisse de leur propre santé ou celle de leurs proches (enfants ou parents) », précise le cabinet qui observe également une part plus élevée des femmes en situation monoparentale.

L’une des solutions pour prévenir l’absentéisme lié aux contraintes de la vie hors travail consiste à offrir une palette de services à ses collaborateurs afin de leur faciliter certains aspects de la vie privée. La garde des enfants étant une source de préoccupation pour les salariés, proposer une crèche interentreprise est bien sûr une solution à envisager.

Pour prolonger la réflexion, redécouvrez notre article sur l’accompagnement à la parentalité, source de bien-être en entreprise.